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Puisque Guinevere a évoqué dans la sainte rubrique, saint Loup, moine de Lérins, voilà quelques informations sur ces deux îles au large de Cannes, où une communauté religieuse est toujours installée.
Les îles de Lérins, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, parfois jadis appelées « îles d'Or », occupent un site particulièrement privilégié, dans la baie, au large de Cannes, permettant la découverte d'un panorama grandiose sur la côte, du Cap Roux au cap d'Antibes.
De là, le visiteur peut contempler Le Trayas, Miramar, Théoule, La Napoule, Cannes, naturellement, Juan-les-Pins et Antibes sur fond de montagnes escarpées ou alanguies fermant l'horizon lointain.
Des deux îles aux calmes allées bordées de pins ou d'eucalyptus émane un charme subtil et serein. D'agréables promenades permettent de découvrir ce qu'un guide appellerait des « curiosités » naturelles ou architecturales fort nombreuses : Sainte-Marguerite avec son Fort-Royal et son Grand Jardin, Saint-Honorat avec son abbaye, son monastère fortifié et ses sept chapelles ceinturant ses rivages... L'une comme l'autre offrent l'attrait de pointes s'enfonçant dans la mer aux noms souvent évocateurs: Pointe du Barbier, du Vengeur, du Dragon, etc.
Ainsi, au cours de la « saison », des milliers de touristes ne manquent-ils pas, chaque année, de parcourir, en tous sens, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat. Certains, mieux renseignés ou plus chanceux que d'autres, découvriront-ils peut-être quelques souvenirs de l'histoire mouvementée des îles.
Celui de Raymond Féraud, par exemple, le «moine des îles d'Or», ex-troubadour qui se fit religieux par dépit amoureux, n'ayant pas réussi à émouvoir la belle Alix, dame des Baux, pour laquelle il avait, en sa Cour, composé maintes romances. A Lérins, il rédigera un « Martyre de sainte Agnès » et une « Vie de Saint-Honorat »...
Ou encore, plus tragique celui-là, l'épisode sanglant du massacre de cinq cents moines par les Maures, au milieu du VIIe siècle. Les religieux avaient pourtant été prévenus de l'arrivée des Sarrasins, en quête de trésors et de pillages, par une apparition angélique. Mais seules les novices furent hâtivement envoyées en lieu sûr. Les autres, n'ayant pas voulu quitter leur retraite, subirent le martyre en chantant des psaumes, sur la pointe rocheuse où s'élève de nos jours le monastère fortifié, dit-on. Deux d'entre eux seulement, Eleuthère et Colombus, échappèrent au carnage où périt Saint Porcaire, en se réfugiant dans une grotte uniquement accessible au-dessous du niveau des eaux, celle-là même connue sous le nom de « grotte de l’abbé », « Baumo de l’abbat », pour les pêcheurs cannois. Mais, parmi ces centaines de visiteurs quotidiens, combien se douteront-ils de l’exceptionnelle richesse en énigmes mythologiques, archéologiques et historiques, concentrées sur deux petites îles représentant une superficie, somme toute, fort modeste - Sainte-Marguerite, la plus grande, ne mesure que 3,200 km sur 0,950 km ! - et ce, depuis les âges les plus reculés ?
http://www.france-secret.com/ileslerins_art1.htm
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