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Ma chère Guinevère, le rêve a du bon.
| Guinevere wrote: |
Pour ce qui est du prix, déjà 1830 euros pour Paris - Venise, 5040 pour Venise-Istanbul... en aller simple !
http://www.traindeluxe.com/t/comp/3-1/voyage/orient-express.html
Quant au Transsibérien...
http://www.espace-transsiberien.com/fr/calendrier-voyage.php
Reste le rêve qui, lui, a l'avantage d'être gratuit !
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J'ai, jadis, fait les voyages dont vous rêvez. Certes, ce n'était pas au même prix, mais, pour la différence de prix, on doit vous apporter quelques menus services, comme une animation pour vous éviter de vous ennuyer.
En 1967, nous avons fait notre voyage de fin d'étude en URSS, avec retour en bateau vers Istamboul, et, en options, retour en train au lieu de l'avion.
Certes, cela date un peu. Comme l'auteur de ces lignes.
Nous avons pris le transsibérien de Novosibirsk à Irkoutsk. Ce n'est pas tout le trajet, mais cela donne quand même une idée.
Le départ avait été un peu laborieux. Nous avions été divisés en trois groupes; nous étions le premier groupe, et, avant notre départ, nous avions été reçus par nos homologues locaux. Réception bien arrosée. Je me souviens d'une discussion avec des Russes. L'un parlait italien. Nous répondions en français. Et nous nous comprenions parfaitement. La vodka aide beaucoup au rapprochement entre les peuples. Le deuxième groupe fut moins bien traité, et le troisième accueilli à la limonade. Notre premier groupe avait bu le gros des réserves.
Nous partîmes après ces libations à dix ou onze heures pour prendre notre transsibérien à la gare. Mais quand le train s'arrêta, à minuit, oh horreur, nos places étaient occupées. La honte, pour l'Intourist, les guides de la susdite et la Glorieuse Union des Républiques Socialistes des Conseils!
Après une nuit passée pour partie en salle d'attente, puis en voitures-lits sur voie de garage, nous primes le train suivant le lendemain midi.
Les trains de l'époque, de mémoire, comportaient trois classes. Celle des apparatchiks, en compartiments à une ou deux couchettes, la nôtre, en compartiments à quatre couchettes, et la "dure", en banquettes-couchettes non rembourrées, en alvéoles non fermées, avec en plus des "compartiments" des banquettes-lits parallèles au couloir. Et des Russes ivres à huit heures du matin.
Dans chaque voiture, près des toilettes, un samovar pour faire du thé.
Quant au parcours, il donnait une idée de la grandeur de la Sibérie. Le train n'allait pas très vite, certes; mettons 60 km/heure. Mais il y avait des distances importantes sans voir une maison, une route. Et le Transsibérien est l'axe peuplé de la Sibérie!
La vitesse des trains ne nous avait pas donné une haute opinion de la technique ferroviaire communiste. A l'époque, en France, les trains roulaient entre 130 et 160! Mais le Direct-Orient, d'Istambul à Paris, fit mieux.
Départ vers 22 heures d'Istambul. Passage de la frontière bulgare dans la nuit, et arrivée à midi à Sofia. Et là, horreur, nous constatons qu'il n'y avait pas de wagon-restaurant pendant la traversée de la Bulgarie. Dur quand on a vingt ans, que l'on n'est pas prévenu, et que l'on n'a pas de réserves! Belgrade vers 20 heures. La frontière italienne à six heures du matin.
Il fallut encore six heures pour arriver à Venise, qui n'est pourtant pas si loin. Avec un arrêt si bref, une heure, et si mal placé, midi, qu'il était difficile de visiter.
Pour le reste, passage des Alpes dans la nuit et arrivée à 6 heures du matin gare de Lyon...
Nota: j'ai un doute, quand aux durées: j'ai en tête 60 heures de voyage. Vitesse du train dans les Balkans quarante kilomètres par heure environ.
Si d'aventure, chère Guinevère, vous cassez votre tirelire pour faire ce ou ces voyages, je suppose que, pour vos sous, on vous évitera ces légers désagréments. Mais je ne saurais trop vous conseiller, plutôt que de vous enfermer dans votre château roulant, de vous arrêter fréquemment pour visiter et de prendre après le train suivant. Ces trains font rêver parce qu'ils sont mythiques. Mais, quand on est dedans, ce ne sont que des trains, proches de ceux que nous connaissons. Mais pas mieux.
Amicalement |
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