| Le Veilleur |
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| Joined: 13 May 2008 |
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| Illuminato wrote: | Cher Monsieur, on ne voit pas très bien comment (comme vous dites) des "lobbies" (peut-être le "complot mondial" dont on n'a jamais vu le bout de la queue ou du compas , mais qui excite les derniers enterrés dans leur peur et leurs certitudes hexagonales qui causent sur ce 95.6, dont ils font désormais une tribune de leur impuissance et de leurs frustrations de ratés?) pourrait censurer internet, espace de Liberté qui n'a que fiche des réglementations en vigueur dans le dernier pays brejnévien au monde (le "nôtre")... Si vous voulez désespérer à petit prix de la prétendue "inculture" du mécénat français... ne vous en prenez qu'à la "mentalité" et aux usages d'une France qu'à tout bout de champ, ici et ailleurs, et quoiqu'on en dise, on défend dans ce qu'elle a de plus poussiéreux, sans élan, sans liberté, sans esprit d'entreprise ni d'à propos -ni rien.Mais, vous savez, il n'y a pas que le Figaro, pour "divulguer" la bonne parole.Un peu de curiosité ne messeyant jamais, vous pourriez aisément trouver d'autres médias qui vous relaieraient intelligemment quelque discours fort différent de celui des médias conformistes (Radio ex Courtoisie compris), - discours un peu plus constructif que ne l'est la plainte perpétuelle sur un "passé" recomposé à la guise de ce qu'on veut lui faire dire...
Par exemple, vous pourriez ailleurs (je ne donne pas de nom... Cherchez, et vous trouverez ), entendre quelques réflexions plus "positives" et constructives, sur le fait (horresco referens!) que la seule issue qui va bientôt (souhaitons-le) se présenter, en France, pour que l'Art dit "contemporain" ne soit plus une bauge financée (de moins en moins d'ailleurs) par les petits Vichinsky ou Jdanov de Ministère, ce sera l'acceptation par les mentalités (gros boulot!) du fait que le patrimoine, pas plus que la création, ne reste un "pré carré" réservé aux petits délires franco-français, mais un champ ouvert à la mise en valeur financière internationale.
Evidemment, je le redis, pour faire avaler ça aux Jacobins de tout poil qui sévissent de l'extrême gauche à l'extrême droite, dans un pays où toute prétendue "Révolution" n'a jamais été que "le conservatoire des fausses anarchies" (Cocteau dixit) : "il y a du travail"...
Et ce n'est pas (pour ne prendre qu'un exemple, qui semble beaucoup exciter les grenouilles du godet qui prétendent s'ocuper d'" Hârt" Bd Murat) en geignant après le viol de la prétendue "incessabilité" des biens culturels (issue, on ne le rappellera jamais assez, d'un décret de la Constituante de 1793... suivez mon regard) qui arrangera la remise à niveau, dans le sens positif, de la gestion des choses héritées du passées, ou de l'accompagnement intelligent de la création artistique vivante.
| Monsieur. J'entends par "lobby", non un hypothétique complot judeo-maçonnique, mais quelque chose de très simple et de très concret : un ensemble de personnes qui se tiennent les coudes parce qu'ils ont des intérêts communs à défendre, la plupart du temps des intérêts financiers. Je ne crois pas que cette entente soit organisée au sein de loges maçonniques, elle répond plus banalement et spontanément à des instincts communs à la grande majorité des hommes qui consistent à se ranger du côté des plus forts du moment, parce que c'est là qu'ils trouvent les plus sûrs moyens de leur réussite matérielle personnelle. Les codes de cette entente ne sont écrits nulle part, ils sont tacites; chacun, guidé par une prudence instinctive, sait plus ou moins ce qu'il peut dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire, jusqu'où il peut aller dans la transgression de ces lois silencieuses.Pour éclairer mon propos et m'en tenir au monde de l'art, il est évident qu'il y a un consensus entre les critiques d'art, les revues d'art, les galeristes, les maisons de ventes aux enchères, les experts, les fonctionnaires des Beaux-Arts, les conservateurs de musées, les investisseurs en art et, pour finir, la Presse et les médias en général. Un des plus célèbres commissaires priseurs de l'Hotel Drouot me disait un jour, avec un air entendu : "Nous sommes une grande famille". L'entente tacite dans ce milieu consite donc à ne pas trop s'attaquer mutuellement et à prendre garde de ne pas tuer la poule aux oeufs d'or. Dans le monde de l'art d'aujourd'hui, "la poule aux oeufs d'or" est ce qu'on appelle vulgairement l'"art contemporain". Pourquoi ? Parce qu'on a trouvé avec lui la continuité de ce qu'on avait déjà inauguré avec le cubisme et l'abstrait : le moyen de fabriquer une fausse monnaie qui ne tombe pas sous le coup de la loi. Non seulement on ne risque rien sur le plan pénal à fabriquer des faux génies, mais, en outre, c'est matériellement plus facile que la fabrication de faux billets de banque (il suffit parfois d'une toile blanche et d'une dose de baratin habilement distillée par les médias). On comprendra aisément que beaucoup de gens ont intérêt à défendre bec et ongle une pareille manne et que tous ceux qui la menacent de quelque façon sont écartés impitoyablement. Certes, tous ces gens n'encaissent pas directement des dividendes de ce faux-monnayage, mais ils ont des places à prendre ou à conserver dans ce milieu et ne pourraient le faire sans un alignement correct.
Par ailleurs, je n'ignore pas qu'il existe d'autres médias que le Figaro, mais vous savez aussi bien que moi que les médias de grande écoute véhiculent grosso-modo les mêmes idées sur cette matière. S'ils paraissent parfois y déroger (comme ici le Figaro avec l'article de Jean-Louis Harouel), c'est qu'il faut bien sacrifier de temps en temps sur l'autel de la "liberté d'expression" pour donner le change ( et puis un débat un peu pimenté est vendeur), tout en sachant garder le contrôle de la situation. Toutefois, trop d'abus finit par perdre leurs auteurs, et la vérité éclate un jour ( vérité dont on s'empare bientôt pour la transformer en un nouveau mensonge; mais c'est une autre histoire...). |
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